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Rencontre avec Patricia Petibon

Considérée comme une des meilleures vocalistes françaises,  Patricia Petibon ouvre la 9e édition du festival Notes d'automne avec un réjouissant récital de mélodies d’amour le lundi 13 novembre au Centre des bords de Marne

Catégorie : Culture

Cette grande soprano colature, révélée par William Christie, maîtrise un répertoire qui s’étend du baroque français à la musique moderne. Depuis ses débuts à l’Opéra de Paris en 1996, elle est apparue dans des opéras très divers, de Mozart à Offenbach, en passant par Donizetti et Verdi.

Crédit photo Bernard Martinez

Pouvez-vous nous parler du répertoire que vous avez choisi pour ce récital ?

C’est une trilogie de répertoires français, espagnol (le duende qui vient de la terre, des tripes) et américain, qui se marient très bien au niveau de la culture. C’est un répertoire assez corporel où l’imaginaire, l’émotion, le pathos et le mime ont une grande place. Je n’utilise pas la « voix »  au sens propre du terme mais beaucoup de « voies », comme le langage des mains pour créer un univers, une histoire et une improvisation à chaque numéro, où il n’y a pas forcément de sens mais où il y a des liens.   

Ce genre de récital est toujours une rencontre avec toute sorte de public. Au-delà des langues et des cultures que j’utilise, il y a un langage de l’ordre du virtuel et c’est cela qui m’intéresse. Creuser des émotions et travailler une forme de présence avec Susan Manoff, partir de l’introverti pour aller vers l’extraverti, distordre la musique classique et en cela distordre le temps. C’est une recherche, un laboratoire de sons constants, où nous séparons les codes de la musique tout en s’amusant.

 

Vous faites de ce récital un exercice aussi théâtral que musical…

Ce n’est pas un exercice ! On s’amuse à être dans la distorsion et l'expérimentation. Le mot « exercice » est trop mathématique, cela met de côté l’émotion. Et c’est toujours l’émotion qui guide notre espace et la manière dont nous choisissons nos pièces musicales. Nous nous divertissons à mélanger toutes les couleurs que nous avons à portée de main. Il y a une grande notion de plaisir, de découverte et aussi un grand lâcher-prise.

 

Vous avez beaucoup collaboré avec le metteur en scène Olivier Py (directeur du festival d’Avignon). Que vous a-t-il apporté sur le plan scénique?

J’ai appris beaucoup de choses avec de nombreux metteurs en scène différents. C’est intéressant d’utiliser tous les points de vue pour avoir différentes approches et ainsi apprendre. Ils m’ont tous apporté une vision plus concentrée de ce que devait être la présence sur scène. Comment développer le charisme ? C’est cela qui me fascine, l’incarnation dans la musique. C’est la seule chose qui fait avancer dans l’écoute des autres et l’écoute de soi et laisse tout ce qui brille de côté. C’est cette forme de nudité qui m’intéresse. Olivier Py montre une forme de nudité très christique, picturale, déchirante, transgressive. C’est cela que j’ai appris avec lui, il traite l’opéra de manière très frontale, on ne peut pas échapper à son destin. Il revendique un travail purement théâtral et pictural avec les chanteurs d’opéra.

 

Pouvez-vous nous parler de votre complice Susan Manoff qui vous accompagne régulièrement au piano ?

Susan Manoff incarne plusieurs personnes à la fois ! C’est une grande pianiste, une grande amie, mais surtout c’est mon 2e poumon et, en cela, nous nous complétons. Nous n’avons pas besoin de parler, il suffit d’un regard pour savoir où nous situer dans la respiration. Il n’y a pas la pianiste et la chanteuse mais une symbiose entre les deux, ce qui n’est pas forcément évident. Nous sommes de vraies complices. Nous nous sommes aussi choisies car nous aimons explorer ensemble, risquer des choses, changer nos habitudes, se mettre en danger, improviser...

C’est assez rare de pouvoir se mettre à nu comme elle le fait. C’est quelqu'un qui tente et expérimente à un très haut niveau. Elle vient aussi d’une culture où il y a cette curiosité de vouloir tout expérimenter. C’est un travail très particulier de lâcher prise qui consiste à s’écarter de tout ce que l’on sait.

 

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Je travaille sur un disque et un spectacle avec Didier Lockwood et Dimitri Naïditch, un travail de distorsions du répertoire classique.

Je reprends le Dialogue des Carmélites à Bruxelles et Paris prochainement.

Et je cherche des nouveaux répertoires, je m’intéresse à la musique contemporaine. J’ai d’ailleurs également un projet avec Thierry Escaich. 
 

Que pensez-vous du concept du festival Notes d’automne qui allie la musique et le verbe sous toutes ses formes ?

C’est fantastique ! Il faut justement que les arts se rencontrent. On ne peut pas faire des cases. Les meilleures choses sont toujours les mélanges. Les rencontres sont ce qu’il y a de plus merveilleux car elles conduisent à l’ouverture et créent des passerelles incroyables.

Retrouvez Patricia Petibon dans "Parlez-moi d'amour" à l'affiche du festival Notes d'automne le lundi 13 novembre au Grand théâtre du Centre des bords de Marne

Retrouvez cette interview de Patricia Petibon dans le PNC du mois de novembre

 

 

Posté le 13 Novembre 2017
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